Reprise des tirs d’abattage sur les bouquetins du Bargy

Suite à un nouveau cas de brucellose recensé vers la fin de 2021, le préfet de la Haute-Savoie a récemment signé un nouvel arrêté qui autorise les tirs d’abattage sur les bouquetins du Bargy. Ce fait ravive un vieux conflit qui oppose les producteurs éleveurs de troupeau laitier aux défenseurs de l’environnement. Entre les deux camps, la tension monte d’un cran, puisque la brucellose et ce décret concernent directement la production de fromage et la vie de plus de 170 bouquetins.

Le préfet de Haute-Savoie combat la brucellose avec un décret à la main

Pour éradiquer la brucellose, le préfet de Haute-Savoie lance une mesure radicale. Il vient de signer un projet d’arrêté qui vise la mise à mort des bouquetins du Bargy, qu’ils soient malades ou sains. Cela relance donc une ancienne mesure déjà suspendue par la justice depuis plus de 3 ans. Cette manœuvre consiste à éradiquer définitivement la brucellose et à éviter sa propagation dans la région. Selon les représentants de la préfecture, elle permet de préserver la filière agricole contre d’éventuelles pertes économiques considérables. Soutenu par la FDSEA des Savoie, le Président des Jeunes Agriculteurs de la région Haute-Savoie souligne ainsi que cette initiative est très utile.

Selon ses termes, cette nouvelle disposition stipule pour cette année 2022 des tirs d’abattage sur plus de 170 des bouquetins non marqués, soit la moitié des individus vivants dans la région. Elle prévoit également le dépistage de 30 individus, puis la mise à mort des cas contaminés. Elle envisage également des abattages complémentaires parmi les individus marqués, y compris les jeunes femelles qui vivent dans le cœur du massif de Bargy. Après cela, il y aura chaque année 20 tirs sur des individus non marqués ou non testés. Tous les bouquetins seront, de ce fait, traités de la même manière, qu’ils soient malades ou sains.

Pourquoi abattre les bouquetins de Bargy ?

Depuis 2013, les bouquetins dans le massif de Bargy sont identifiés porteurs de la maladie brucellose. Cette dernière est une maladie contagieuse qui se transmet entre les animaux sauvages et domestiques. Bien qu’elle puisse contaminer les produits laitiers des animaux malades, sa transmission à l’homme reste minime jusqu’à présent. Pour la France, il n’y avait plus de contamination depuis 2005, mais de nouveaux cas ont été observés dans la région de Bargy en 2012.

Le danger avec la brucellose se situe plutôt du côté de l’élevage des vaches laitières. Les agriculteurs sont forcés d’emmener les troupeaux contaminés à l’abattoir pour éviter la propagation de la maladie. L’année dernière, un cas de contamination a conduit à l’abattage de 220 bovins du cheptel. Souciant de leur sort, les éleveurs mettent la pression aux autorités Haute-Savoyardes. Ils demandent la mise en place rapide d’une mesure efficace capable d’éradiquer définitivement la brucellose. C’est pour répondre à cela que la préfecture de la région a annoncé dernièrement la signature d’un projet d’arrêté prévoyant l’abattage des bouquetins.

« Mesure injuste ! » déplorent les protecteurs de l’environnement

Jusqu’à ce jour, la lutte contre la brucellose provoque la mort de plus de 430 bouquetins vivants dans le massif du Bargy, dont la plupart sont des individus sains. Il ne reste plus que 370 individus vivant dans la région. Bien évidemment, l’annonce de la reprise de tirs d’abattage sans distinction pour cette espèce laisse donc un goût amer chez les protecteurs de l’environnement.

L’incompréhension s’installe du côté des associations environnementalistes, puisque la manœuvre d’abattage sans distinction ne présente aucun intérêt. D’autant plus que les autorités sanitaires jugent cette mesure irréalisable. Cela pourrait également favoriser la dissémination de la maladie. En panique et par peur, les bouquetins risquent d’envahir les autres massifs et de transmettre la brucellose avec les animaux qui y vivent. En outre, la justice a déjà suspendu cette mesure depuis 2020. Via son porte-parole, France Nature Environnement (FNE) signale que plus de 95 % des bouquetins vivant dans le massif de Bargy sont sains. L’abattage sans distinction reste une décision excessive et sans intérêt. Dernièrement, FNE prévoit donc d’attaquer auprès du tribunal administratif de Grenoble cet arrêté pour préserver l’espèce des bouquetins.

Est-ce qu’il existe d’autres alternatives à l’abattage des bouquetins ?

Depuis 2019, l’Anse a officiellement abandonné l’hypothèse d’une vaccination contre la brucellose. Selon les scientifiques, cela ne devrait pas empêcher de trouver d’autres alternatives pour lutter contre la brucellose. Les parties prenantes peuvent, en effet, lancer des mesures de biosécurité permettant de protéger les troupeaux domestiques sans abattre les bouquetins. Cette hypothèse existe déjà depuis 2013, mais elle n’est pas encore mise en place jusqu’aujourd’hui.

La manœuvre de la lutte contre la brucellose depuis 2013 est plus souple vis-à-vis des bouquetins. Elle s’appuie sur des tests de dépistage sur chaque individu afin d’épargner les animaux sains. Seuls les individus infectés sont euthanasiés. Bien qu’elle soit plus flexible, elle reste toutefois efficace. Elle permet de diminuer jusqu’à 10 % le taux de présence de cette maladie.

Michel Tournant
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